Un vrai départ

Publié le par cecinestpasunblogsurmavieaucanada

Aéroport de Roissy, lundi 30 mai 2011, salle d’embarquement

 

Tout ceci ressemble de plus en plus à un départ.

Jusqu’ici on pouvait encore en douter, toujours considérer cette aventure comme une jolie idée, un projet un peu fou qu’on évoque en utilisant le conditionnel, auquel on se raccroche pour affronter le quotidien. Le genre de défis qu’on réalisera un jour quand les conditions optimales seront réunies… Comme s’il fallait attendre que le monde soit meilleur pour partir l’explorer.

Aujourd’hui c’est sûr c’est un départ.

Un aérogare bruyant, des sièges peu confortables, une partie infime de mon existence entassée dans une valise rouge qui roule vers l'avion et un sac à dos qui me cisaille les épaules. Des touristes américains à côté de moi, le petit garçon joue avec des voitures « Cars », c’est à cette petite voiture que j’ai compris que c’était un vrai départ, parce que d’habitude les petites voitures ne rendent pas mes yeux humides.

C’est un vrai départ lorsqu’il faut dire au revoir et que ça fait un mal de chien, quand chaque mot qu’on voudrait prononcer s’écrase lamentablement au fond de notre gorge, quand le souffle manque et que le cœur s’épuise à battre à tout rompre ce code morse interne, qui nous faire comprendre que peu importe où on aille, on est de cette terre que l’on quitte.

C’est un vrai départ quand on s’oblige à ne pas penser aux gens qu’on aime parce que pour l’instant ils ne sont pas un réconfort mais juste un grand coup au cœur. Ne pas penser au mal qu’on leur fait aussi, en leur imposant ce choix personnel, en faisant bifurquer le chemin qu’ils nous aident à tracer un peu plus loin à l’Ouest, en leur imposant l’absence. C’est un vrai départ quand on se sent un peu coupable.

C’est un vrai départ quand on se sent obligé de l’écrire, de le formaliser, d’en laisser une trace. Ce n’est pas comme partir en vacances, même si certains diront que ça ressemble à de très longues vacances, ce n’est pas vraiment cela. C’est partir en voyage sans date de retour, et finalement peu importe la durée, l’important c’est de partir. Ce qui fait mal c’est de partir. Le voyage viendra guérir la douleur du départ.

Il s’appelle Tom, le gamin américain à la voiture « Cars », celui qui me scrute en train d’écrire ces lignes, comme si ça ne suffisait pas, il faut qu’il s’appelle Tom.

Ah putain de vrai départ !!DSC_0181.JPG

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lili 03/06/2011 18:09


...pour partir il faut faire preuve de courage et tu en as beaucoup !!!! lire ces lignes, les tiennes, me font un peu plus appréhendé notre départ qui,lui, reste au conditionnel encore et
encore...j'espère être bientôt "ta soeur" de départ !!!
on pense fort à toi !!!
des bisous de Chartreuse