Rue Parthenais

Publié le par cecinestpasunblogsurmavieaucanada

Quatrième semaine au Canada, et finalement c’est un peu la première. Je dépose la tenue de touriste pour revêtir celle de l’expatriée, j’investis un lieu qui sera le mien pendant les 10 prochaines semaines. J’ai une adresse ici, ce qui prouve bien que je ne suis plus vraiment de passage. Je vide ma valise, enfin, mes vêtements dans la penderie, mes livres sur les étagères, j’accrocherai peut-être même quelques photos aux murs. Ma brosse à dents dans l’armoire à pharmacie, et mon shampooing dans la douche, tout est à sa place. J’ai un endroit clos et sûr où je peux marquer mon rythme, où je peux recréer mon microcosme, mettre mes repères, car ils sont indispensables, on ne peut pas rester des semaines sans véritable place à appeler « chez soi », sans un port où rentrer, en tout cas, moi, je ne peux pas.

La phase de découverte est terminée, maintenant j’entre dans la phase d’approfondissement, trouver une place dans cet écosystème, créer des liens, arriver à se trouver bien, appréhender le Canada dans la durée, laquelle, je l’ignore encore.

Et puis c’est aussi un peu la première semaine, parce que Jean-Charles s’en va, mon point de repère, mon attache à la France, je dois me débrouiller toute seule à présent. Le jeune Padawan que je suis doit se passer de l’aide bienveillante de son maître Jedi ! Hier soir, je rentrais en bus après avoir vu des Français pour organiser un road-trip en Gaspésie, et j’ai eu un petit pincement au cœur, en me disant que je ne trouverai pas, « à la maison » quelqu’un qui me connait bien, avec qui je n’ai pas à paraître autrement que comme je suis, avec ce que cela comporte de défauts.

En arrivant rue Parthenais, j’ai trouvé Stéphane en train de faire des muffins, on a discuté sur la terrasse, et mon pincement au cœur s’est estompé. Ce n’est pas évident de trouver sa place dans une coloc’, arriver à apprivoiser son colocataire, s’habituer l’un à l’autre, à être soi, ne pas en faire trop pour se faire "bien voir", pour vouloir à tout prix se faire apprécier.

Stéphane semble être quelqu’un de vraiment gentil, la trentaine, il a trainé ses guêtres un peu partout, fait des tas de boulots différents, il aime autant la culture de l’esprit que celle des arbres. J’ai appris hier, qu’il avait un fils de 7 mois, qui vivait à Québec, un petit bout qui viendrait à l’appart’ de temps en temps, la perspectice de voir un enfant ici, m'a réjoui!

Avant de faire du baby-sitting, je dois m’attacher au plantes-sitting. Thibault, le Français que je remplace dans la coloc’ a plein de pots avec des trucs verts et vivants dedans, que je dois maintenir en vie jusqu’à son retour. Moi qui ne sais pas faire la différence entre des bégonias et des azalées !!  Et là je sens que beaucoup de personnes se diront « mais moi non plus je ne sais pas faire la différence entre des bégonias et des azalées ». Certes, mais vous, vous n’avez pas été élevée par Annick Pavan, donc vous avez une excuse, moi c’est la honte !

En plus, ce n’est pas vrai, les azalées, je vois vaguement à quoi ça ressemble !

La matinée est déjà bien avancée, oui quand il est midi et trente-six minutes, on peut même dire qu'elle est finie! Il est temps que j'aille faire des courses, car la seule pièce que je n'ai pas encore trop investis c'est la cuisine. Le placard n'attend que de faire connaissance avec mes paquets de pâtes et de riz!

 

 


 

 

 

 

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