Pot-pourri

Publié le par cecinestpasunblogsurmavieaucanada

Il 18h, samedi soir, et je suis devant mon ordinateur à écrire ces quelques lignes. Je devais normalement retrouver des Françaises pour aller dans un night-club du Vieux-Port super bondé, avec musique à fond les baloches, musique québécoise de surcroit, mais j'ai décliné l'offre pour cette fois. Je ne suis pas une fan des boîtes de nuit, mais j'ai l'impression que pour pouvoir m'intégrer ici je vais devoir forcer ma nature et devenir un oiseau de nuit. Ne vous méprenez pas, je veux recréer un réseau social ici (je dis réseau social car les amitiés sont des petits choses qui demandent beaucoup de temps et d'énergies partagées pour devenir grandes et fortes!), rencontrer des gens, discuter, sortir, tout ça, mais les boîtes de nuit, beurk!! Trop de monde, trop de bruit, trop chaud! Je me suis désister une fois,  je ne le referai pas, en plus, je suis sûre que si j'y étais allée, je me serai bien amusée, mais ce soir, j'avais vraiment pas envie.

Prendre le bus 34 pour aller jusqu'à Papineau, avec tous les travaux rue Ste Catherine  il faut faire des détours dans un bus sans clim', ensuite il y a le Boulevard Maisonneauve bouché en fin de journée. Enfin arrivée à Papineau c'est le métro, climatisé lui, ligne verte jusqu'à Berri-UQAM et changement, ligne orange, pour aller jusqu'à Place d'Armes; ou bien je sors à Places des Arts, ligne verte, et je marche un peu plus longtemps qu'en sortant à Places d'Armes.  Mais j'avais pas envie de sortir, pas envie d'attendre le bus avec le petit vieux en marcel qui veut que je lui dise l'heure toutes les minutes ou le clodo qui trouve mes baskets jaunes super cool! (elles sont un succès fou d'ailleurs!) j'avais envie d'être un peu toute seule et de ne rien faire!

Parce que j'ai le droit aussi de ne rien faire, une de mes principales occupations en France, je ne vois pas pourquoi une fois outre-atlantique je dois tout changer. Depuis, que je suis arrivée, j'ai eu une frénésie d'action, comme tout touriste qui se respecte, je veux et je dois tout voir, aller partout. On reconnait un bon touriste à la grosseur de ses mollets et la taille de son sac à dos. Ceux qui se baladent qu'avec un tout petit sac, ce sont des amateurs! Ils n'ont pas la bouteille d'eau, l'appareil photo réflex avec un deuxième objectif, deux guides de voyage, une boite de gateau et une pomme, des mouchoris, chewing-gum, le liquide qui pue pour se désinfecter les mains (celui que j'ai acheté ici chez Jean Coutu, il a une odeur écoeurante, au sens français du terme, j'ai l'impression de me laver les mains avec des malabars!), porte-feuille, passeport (si comme moi on doit changer les traveller-cheques, et comme les banques demandent 2 voire 3 pièces d'identité et en prime se foutent de la gueule de notre permis de conduire. Y'en a une à qui j'ai dû expliquer le principe de la carte d'identité, inconnu ici!), un foulard pour quand il fait froid dans le métro, téléphone portable (pour moi à mettre au pluriel, j'en ai deux!), qu'est-ce que j'ai encore dans mon sac??! Boitier de lunettes, crème solaire et j'en passe! Le bon touriste est paré à toutes éventualités, il peut pleuvoir, venter (ici ils utilisent "venter" dans des conversations tout à fait banales, ils préféreront dire "il vente" à "y'a du vent"), ou faire une chaleur accablante rien ne l'arrêtera!

Ah j'ai oublié les pansements pour ampoules, indispensable!

J'ai trimballé mon gros sac à dos et mes mollets de footballeuse dans quasiment tous les coins de Montréal, quand je discute avec d'autres françaises arrivées en même temps que moi, je m'aperçois qu'elles n'ont pas fait la moitié de ce que j'ai vu. Elles sont, pour la plupart, plus dans une optique "cherchons du boulot et installons-nous", moi pas du tout, je suis toujours dans le registre "oh c'est joli ici (comme dirait Ségolène) et là-bas sinon y'a quoi?!" Freud y verrait mon incapacité à me décider sur la durée de mon séjour ici, grandes vacances ou résidence temporaire! Hier soir, j'ai rencontré une Française, Amélia, avec qui je vais organiser un séjour en Gaspésie, deux semaines en juillet, elle était très étonnée de tout ce que j'avais fait déjà dans Montréal, à Ottawa, que j'aille déjà à New-York! Peut-être que j'en fait trop? Non!! Certains font des PVT pour avoir une première expérience du Canada avant de faire leur demande de résidence permanante, moi je ne veux pas rester au Canada, je veux voyager, alors je voyage! Parce que les récits de voyages me font rêver, j'en avais assez de le rêver, je voulais le vivre. Fais chier de toujours voir les autres partir et de rester sur le bord du quai!

 

Mais ce soir, je n'avais pas envie de marcher encore, en talons et en robe en plus, le temps que j'arrive "Aux Deux Pierrots", j'aurai été en nage, super! En plus, je suis sortie presque tous les soirs de la semaine, donc je n'ai pas à me blâmer de ne pas sortir ce soir, c'est pas comme si j'étais mysanthrope et casanière! En plus, je déteste sortir le samedi soir, enfin plus précisément, je n'aime pas le prédicat social qui veut que tout le monde DOIT sortir le samedi soir (quand je dis "tout le monde", j'entend les 18-35 ans sans enfants!) et si tu ne sors pas, bah tu as perdu ta soirée et t'es un looser! Ce soir, j'ai juste envie de faire relâche, de me poser avec un bouquin, de me coucher tôt et récupérer les heures de non-sommeil qui s'accumulent sous mes yeux!

Jeudi soir, je suis allée aux Franco-Folies, avec les deux Françaises que je devais retrouver ce soir, les Franco c'est le plus grand festival de musique entièrement francophone du monde (comme ils se la pêtent avec ça d'ailleurs! Ah c'est pas à Paris qu'il y a ça!!), ça a commencé il y a une semaine et ça finit demain je crois. Les concerts en intérieur sont payants mais tous les concerts dehors sont gratuits, il y a 2 scènes l'une à côté de l'autre sur la Place des Arts, chaque concert dure une heure en alternance sur les 2 scènes, c'est super bien "timé" (anglicisme typiquement québécois!). Jeudi soir, nous avons vu un jeune québécois, Alexandre Poulin, avec sa guitare, son harmonica et sa petite barbe, c'était sympa. Il a chanté une très jolie chanson sur ces ancêtres français, partis de Paris au XVIe siècle.

En tête d'affiche, il y avait Cali, j'aime pas Cali, mais il faut bien avouer que sur scène il sait faire le show. Arrivé complètement déchiré, il voulait que tout le monde se mette à poil, et il s'est jeté deux fois dans le public!!

De jour, je n'aime pas du tout la Place des arts, c'est très bétonné et il n'y a pas de symétrie, pas de centre, ça n'a pas vraiment de forme, pas vraiment d'âme. En effet, cet endroit prend tout son charme, a une magie particulière, la nuit. C'est très agréable de pouvoir assister à des concerts en plein air en centre-ville, aux milieux des immeubles. Cette Place n'a été construite que dans cet optique, elle est dédiée aux festivals, elle revit à chaque été, à chaque nuit estivale.

 
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Les photos sont très mauvaises, je les ai prises avec mon téléphone, je n'avais pas mon reflex! Mea Culpa!

 

Et puis, la semaine prochaine mon carnet de bal est déjà bien rempli. Le 22, Jean-Charles arrose ses au-revoirs, le 24 c'est la St Jean, fête nationale du Québec (je ne sais pas si on peut dire "nationale" car ce n'est pas une nation reconnue?! Toujours au cas où un indépendantiste lirait ces lignes, je laisse "nationale"), mais les beuveries commencent dès le 23, donc je n'aurai que l'embarras du choix pour noyer mes 26 bougies! Et dimanche soir, ça sera NEW YORK!!!!!!!!!! (Meera d'ailleurs c'est quoi l'adresse du roof-top sur la 5e? J'irai boire un Cosmo en pensant à toi! Je vais instituer une tradition, première soirée à NY, cosmo au roof-top!). Alors, franchement, c'est préserver mon foie, que de rester sagement entre ces 4 murs blancs ce soir.

19h30, une heure et demie m'auront été utiles pour écrire cette chose, ce récit exalté d'un samedi soir sur la terre (québécoise), ça m'a donné soif! J'ai que de l'eau, damn it!! (traduction française: merde! - traduction québécoise: marde!)

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