La nécessité du voyage

Publié le par cecinestpasunblogsurmavieaucanada

Nous avons quitté le parc de la Gaspésie, au soir du lundi, nous avons fait étape à Ste Anne des Monts, comme à l'allée, dans notre super auberge. On ne pouvait pas quitter la Gaspésie sans repasser dans le jacuzzi!

Et puis, au matin, la longue route du retour. Le ciel s'est paré d'un camaieu de gris terne qui ne lui va pas au teint, il a perdu toute la magie qu'il avait lorsque le soleil couchant l'illuminait à New Richmont, il a perdu la superbe de l'orage de Percé, il a perdu la brume fantomatique du Xalibu, il a perdu le bleu du Cap Gaspé, il semble avoir perdu l'envie de nous défier et de nous plaire aussi.

Il nous laisse filer, morose, silencieux, la tête basse. On le laisser filer, moroses, silencieux, des images plein la tête...

 

 


 

 

Les heures ont filé sans intérêt, au déjeuner le monde a repris sa place dans notre quotidien, toute cette grisaille sur papier journal! Et puis, en arrivant sur Montréal, comme au retour de New-York d'ailleurs, le voile se lève, le front nuageux s'arrête net et laisse la chaussée sèche (pas facile à dire!). Au loin, sur les champs, si on sait comment regarder, et comment imaginer on peut voir les nuages, immenses barbes à papa roses, dessiner des montagnes, des châteaux, des palais, des pays féériques dans le ciel. On peut se prendre à rêver que la route nous emmène au loin, vers l'horizon et même un peu plus loin, toujours plus loin...

 

Le problème des voyages, c'est qu'on y prend vite goût, goût à la découverte, à la contemplation, à l'émerveillement, au mouvement, à la rencontre. Mais on ne peut pas faire que cela, non on ne peut pas. L'errance n'est pas un but? L'errance n'a pas de but? Il faut rentrer au port, car les bonnes gens n'aiment pas ceux qui n'ont pas de but précis, ceux qui cherchent, qui tatonnent. Les bonnes gens n'aiment pas ces écervelés aux semelles de vent qui fuient la réalité par leurs escapades et qui leur rappellent aussi, par trop douloureusement, qu'eux ne vont nulle part.

S'il y a une chose que je ne suis pas, c'est une écervelée, c'est pourtant l'impression que me donnent certaines personnes que je croise ici et qui s'étonnent de me voir toujours en vadrouille, pas encore au travail. Travailler, je ne demandais que cela, pendant des mois j'en ai cherché du travail, vouloir me conformer à la norme ne m'a pas rendu heureuse, ni épanouie, bien au contraire.

Alors, je vais continuer à profiter encore, à apprécier ce voyage que je me suis octroyée, je vais continuer à bouger pour ne pas sécher sur place, à m'émerveiller pour faire grandir mon âme, à prendre un surplus de ciel bleu pour tous les jours de pluie qui m'attendent, je vais continuer à faire tout ça, parce que ça m'aide à savoir qui je suis, ça m'aide à me sentir assez forte pour bâtir toute une vie, ça m'aide à avoir moins peur de ce monde. Et je vais le faire surtout parce que j'aime ça. Mais, ça, les bonnes gens sont encore loin de pouvoir le comprendre...

 

A tantôt!

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