Du Bic à Percé

Publié le par cecinestpasunblogsurmavieaucanada

Et me voilà assise, seule, face au rocher percé de Percé. L’orage s’est enfin calmé, le ciel s’est éclairci, le soleil est revenu et donne, par ses derniers rayons en cette fin de journée, une lumière enchanteresse.

J’ai fui la promiscuité du motel où nous nous sommes réfugiés pour parer à la pluie. J’ai aussi fui l’énervement qui montait en moi d’être cloitrée par cette même pluie, de ne pouvoir découvrir toutes les merveilles qui nous tendent les bras. Et plus que ça, j’ai fui le fait de devoir toujours être 4, penser et agir à 4, quoi que je fasse, je reste une indécrottable solitaire !

 

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Heureusement, le soleil couchant m’a donné une bonne excuse pour m’éclipser et venir faire quelques clichés.

Aujourd’hui, les nuages ont capturé toute mon attention, je les trouve tellement beaux, théâtraux, poétiques, bien plus qu’en France. Ici, quand l’orage se lève, le ciel se pare de véritables boucliers, se caparaçonne pour monter au front. Si noirs et si menaçants tout l’après-midi, les nuages sont redevenus de gentils moutons blancs jouant les coquets au soleil couchant.

 

 

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Pour arriver jusqu’à Percé depuis le Parc du Bic, il nous a fallu traverser la Gaspésie dans sa largeur puis longer la baie des Chaleurs au Sud.

 

 

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 C’est encore Jacques Cartier, qui a baptisé cet endroit, en voyant la brume sur le rivage, il a cru que c’était de la vapeur d’eau due à la chaleur de la mer, grave erreur ! La côte Sud est plate, ici contrairement au Nord, c’est l’Océan qui la borde et non pas le Saint Laurent. L’Atlantique Nord, froid et d’un bleu profond, dans lequel j’ai quand même risqué une petite tête. Elle est un peu fraiche au début, mais ensuite on s’y fait… pas plus de 5 minutes sinon on risque les engelures, mais on s’y fait !

Pour information, à Percé, la température de l'eau est la même qu'en Arctique. mais où je me suis baignée, elle était plus chaude tout de même. La côte Sud a finalement assez peu d’intérêt, quelques villes « balnéaires » où en tout cas ce qui se rapproche le plus du concept que l’on connait en Europe. Nous nous sommes arrêtés à Carleton-sur-Mer pour nous baigner. Sur la plage, pas de sable fin, même pas de sable d’ailleurs, des cailloux, qu’on ne peut même pas appeler des galets, car ils n’en ont ni la largeur, ni la grosseur ni la douce usure. Par contre, des algues, par milliers qui sèchent au soleil en exhalant une merveilleuse odeur de vacances dans le port de Douarnenez. Et dans l’eau, encore plein d’autres qui s’accrochent aux pieds quand on nage.

 

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Bref, tout ça pour vous dire que ce n’est pas au Québec que je verrai les plus belles plages du monde. Et pourtant la Baie des Chaleurs fait partie du club des 30 plus belles baies du monde (club auquel adhèrent aussi la baie du Mont Saint Michel ou celle de la Somme). Je n’y passerai pas des jours entiers, mais à longer en voiture c’est quand même très agréable, je suis toujours sous le charme des maisons avec les perrons qui donnent sur la mer. Souvent, les maisons ont des jardins immenses, sans clôture, juste en bord de falaises, le jardin est séparé de celui du voisin juste par une petite bande d’herbes folles. Ici, le monde semble laisser ses tourments au seuil des maisons.

L’intérieur de la Gaspésie, nous y sommes passés mais assez rapidement, juste le temps de déjeuner au bord de la Matapédia, de jouer à lancer des fers à cheval (ou peut-être à chevaux ?! Ras-le-bol des pluriels bizarres !! Avis aux membres de l’éducation nationale, de l’édition ou du monde des bibliothèques (et qui sont censés bien connaître la grammaire et l’orthographe) qui lisent ce blog : des fers à cheval ou des fers à chevaux ? En même temps on s’en fiche car au Québec, le pluriel en-aux, ils n’en ont jamais entendu parler. Ici on dit des chevals et personne ne trouve rien à redire. A la fin, tu ne sais même plus si certains pluriels existent vraiment ou pas. Des festivals ou des festivaux ?!!!) sur des tiges en fer, un genre de pétanque pour fermiers ! Mais ce que l’on en a vu, nous a tous fait penser au film de Robert Redford « Et au milieu coule une rivière ». L’histoire de deux frères passionnés de pêche à la mouche, qui doit se passer dans le Montana ou un état de cet acabit.  Ce sont des paysages très vallonnés, boisés, lézardés de rivières dans lesquelles viennent frayer des milliers de saumons.

 

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On aurait bien eu envie de piquer cette petite barque et remonter le courant, aller voir ce qui se passait plus loin, suivre les saumons, pourquoi pas en pêcher un ou deux (à mains nues, faut peut-être pas rêver, Loriane !) Mais on n’en a pas eu le temps, nous n’avons que 10 jours et encore beaucoup de kilomètres, alors on se remet en route.

 

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Après le soleil et le bain de mer, c’est sous le plus beau ciel gris que je n’avais jamais vu que nous sommes arrivés à Percé. Autant dire, le bout du bout de la Gaspésie, donc du Québec. Percé doit son nom à…. Et non pas Cartier, à Samuel de Champlain (il est venu après Cartier, entre 1603 – 1607) cette fois-ci, qui avait été très épaté par la beauté du rocher percé, qu’il avait nommé « Isle percée ».

 

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(Maintenant, je visualiserai bien, quand Evelyn Dhéliat, dira "un front nuageux"!)

 

Percé est souvent comparé à Etretat, ah les comparaisons, c’est le fort des gens qui ne trouvent pas les mots pour décrire quelque chose de nouveau, il faut forcément le raccrocher à ce que l’on connait déjà. Mais c’est vrai, qu’il y a une petite ressemblance entre ces deux avancées de pierre, battues et transpercées par les flots. Ce qui est très beau à Percé, c’est ce rocher qui ressemble à la proue d’un navire, qui serait lancée dans les flots, brisée, séparée du reste du batiment.

 

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A part pour son rocher, et l’île Bonaventure, sur laquelle je vais revenir, Percé n’a pas grand intérêt, c’est la seule ville où il y ait un "tourisme de masse" au Québec (excepté Québec et Montréal bien sûr), de ce fait, vous avez une rue principale (comme beaucoup de villes en Gaspésie) constellée de restaurants, d’hôtels, de motels, de magasins et puis c’est tout. Plein de resto-bars aux portes desquelles nous nous sommes cassés le nez quand à 17h, nous avons voulu boire un chocolat chaud. Mais maudits Français, vous ne savez donc pas qu’à 17h c’est l’heure du souper !!! Et après qu’ils osent nous dire, les Québécois, qu’ils sont plus français qu’anglais !!! Nous, on mange pas à la même heure que les poules !

Des poules, je n’en ai pas vu, mais moi qui raffolent tant des volatiles (oui c’est ironique !), j’ai eu mon lot d’éléments volant. Et maintenant, je suis tout à fait capable de faire la différence entre une mouette et un goéland !  J’ai aussi vu des cormorans, des macareux, des pingouins parait-il et d’autres dont j’ai oublié les noms. Mais j’ai surtout vu, senti et entendu des fous, plein de fous…

 

 

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