A rainy birthday

Publié le par cecinestpasunblogsurmavieaucanada

Anniversaire pluvieux, anniversaire heureux? Est-ce que l'adage fonctionne aussi?

Si j'étais superstitieuse, ou si je cherchais à trouver des signes à chaque évènement pour prédire l'avenir, je me dirai que tout cela n'est pas de bon augure! Des mois que je n'avais pas vu la pluie, il faut qu'elle se rappelle à mon bon souvenir aujourd'hui.

Je pense que c'est un complot à grande échelle pour me faire passer une mauvaise journée: le mauvais temps d'abord qui va compromettre les soirées en extérieures pour la fête nationale (et demain et après demain il pleut encore), la Poste canadienne en grève qui m'empêche de recevoir mes cartes d'anniversaire et mon colis, mes lentilles qui ont décidé de m'irriter les yeux jusqu'à ce que je m'arrache la cornée, la sécheuse de la laverie qui a fait son boulot à moitié m'obligeant à étendre mes jeans, mes T-shirts et mes chaussettes un peu partout, saturant l'air d'humidité et donnant un peu un coté camp de gitan à ma chambre. Puis l'alcool que j'ai bu hier pour la soirée de départ de JC, qui ne veut pas me laisser tranquille, ma carte de téléphone pour appeler mes amis qui ne veut pas fonctionner ou bien des ami(e)s qui ne répondent pas quand enfin j'arrive à comprendre comment faire fonctionner cette carte!

Heureusement que ce matin, j'ai réçu des "milliers" de bisous en antidote à la morosité ambiante de cette fin d'après-midi.

Finalement, le manque des gens que l'on aime est tout à fait vivable au jour le jour,  j'agis, je bouge, je fais des rencontres, je n'ai pas vraiment le temps de penser à ceux que j'ai laissé là-bas. Parfois, une situation particulère ou un lieu vont m'évoquer quelqu'un, je vais me dire "ah tiens si il ou elle était là, cela lui plairait!". Et c'est sans doute mieux comme ça, je ne suis pas une loque qui se traîne en repensant aux crumbles de maman, aux parties de basket avec Enzo, au petit doigt pointé de Tom, aux cheese-cakes, aux virées en Polo de nuit, aux shots de vodka des Copains, aux massages à la sucette, aux parties de Trivial Pursuit, aux apéros du samedi soir et à encore plein d'autres choses. En règle générale, je n'y pense pas, j'ai tous ces souvenirs bien au chaud dans ma tête et dans mon coeur, mais je les laisse là où ils sont, c'est mieux.

Mais, un jour comme celui-ci c'est plus difficile de ne pas y penser, c'est difficile aussi de se passer des contacts physiques, j'aurai envie de tenir les gens dans mes bras, pas seulement de leur envoyer des bisous à travers la webcam... mais c'est comme ça, il faut faire avec la distance!

C'est étonnant d'ailleurs de voir à quel point, parfois la distance rapproche les gens. Parce que je suis loin, certains se sentent tenus de prendre plus souvent de mes nouvelles, je ne parle pas pour ma famille proche, mais de gens avec qui je n'avais pas de contacts réguliers en France. Cette année j'ai reçu plus de messages facebookiens pour mon anniversaire que l'année dernière par exemple. Je deviens une sorte d'attraction, une bête curieuse, je transmets l'exotisme canadien par les ondes, j'offre du dépaysement gratuit à ceux qui ne partent pas, j'alimente les envies d'évasion. La question est de savoir si cet intérêt que je suscite sera momentané ou durable? Les effets de mode ne durent qu'un temps, assez vite, la plupart se lassera de mes photos d'écureuils, des sapins gaspésiens et de ma prose autocentrée. Et au final, il restera fidèles lecteurs, attentifs suiveurs de chacun de mes pas, ceux à qui je pense aujourd'hui très fort, ceux à qui j'ai pu parlé aujourd'hui, ceux à qui j'aurai voulu parlé.

De tous mes anniversaires, je me souviendrai de celui-ci pas comme le meilleur mais comme étant indispensable, il était indispensable à mes yeux de m'éloigner et de vivre cette déchirure, de fêter mon anniversaire "toute seule" pour que cela m'aide à grandir, à mûrir. Bon, le temps pourri et déprimant c'était une option à laquelle je n'avais pas souscrit, mais je prends quand même!

Je me souviendrai de mes 26 ans autant que de mes 11 ans, où une salle des fêtes bondée à entonner "Joyeux anniversaire" à une gamine paralysée de peur sur une scène; autant que mes 15 ans où j'ai fait un tour dans le camion des pompiers; autant que mes 18 ans où une bande de malfaiteurs est venue me kidnapper dans mon lit; autant que mes 20 ans et le magnifique collier, bien trop beau pour moi, qui m'a été offert sur une péniche; autant que mes 25 ans et les larmes d'Enzo qui n'avait pas pu souffler les bougies avec moi... Je me souviendrai d'avoir passé le 23 juin 2011 dans un appartement de Montréal cernée par la pluie et les souvenirs heureux.

 

Il pleut toujours, mes fringues ne vont pas sécher, c'est sûr!

En France, on est le 24, déjà. Ici, il me reste encore quelques heures, alors Joyeux anniversaire!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article